
Les risques relatifs à la sexualité sont encadrés par le critère 2.4.5 du référentiel de la HAS. La vie affective et sexuelle a souvent été reléguée au second plan dans les ESSMS alors qu’elle relève de la gestion des risques et la reconnaissance des droits.
Les pratiques institutionnelles des ESSMS varient fortement en fonction des publics accompagnés, des moyens humains disponibles ou encore de la culture professionnelle des équipes. Dans certains contextes, le sujet reste évité ou abordé essentiellement sous l’angle des dérives potentielles. Cette approche, centrée sur le contrôle, peut conduire à limiter l’expression de la vie affective, parfois au détriment des droits fondamentaux des personnes. La sexualité en ESSMS ne peut être pensée sans prendre en compte les situations de vulnérabilité. Plusieurs types de risques coexistent et nécessitent une vigilance particulière.
Les personnes accompagnées peuvent être exposées à des violences sexuelles, qu’elles soient physiques, psychologiques ou numériques. Certaines fragilités augmentent cette exposition comme des difficultés de communication, une faible estime de soi, une dépendance affective, une méconnaissance des codes relationnels.
Les environnements numériques amplifient également ces risques. Les réseaux sociaux ou les plateformes de rencontre peuvent favoriser des situations d’exploitation, de manipulation émotionnelle, de chantage ou de harcèlement à caractère sexuel. Il convient également de rappeler que certaines personnes accompagnées peuvent elles-mêmes adopter des comportements inadaptés, parfois en lien avec leur parcours de vie, des traumatismes ou des troubles cognitifs. Cela ne relève pas d’une logique de stigmatisation, mais appelle à un accompagnement spécifique.
Au-delà des violences, d’autres situations peuvent survenir dans le quotidien des ESSMS comme des comportements sexuels inadaptés dans les espaces collectifs, des gestes ou propos déplacés envers les professionnels, des difficultés à respecter l’intimité d’autrui, des pratiques sexuelles non protégées, avec risque d’infections ou de grossesses non anticipées, la consommation de contenus pornographiques précoces ou non adaptés, des conduites à risque associées à des addictions.
L’un des principaux défis pour les ESSMS réside dans l’équilibre à trouver entre deux exigences fondamentales, garantir la sécurité et prévenir les situations de danger et respecter l’intimité, la dignité et l’autonomie des personnes accompagnées.
L’éducation à la vie affective et sexuelle est alors inévitable pour prévenir de ces risques. Pour être efficace, elle doit s’inscrire dans un cadre professionnel clair et partagé supposant un cadre institutionnel défini posant des repères sur l’intimité et les règles collectives. De plus, les professionnels doivent être formés et soutenus, et les personnes accompagnées impliquées. Lorsque cela est pertinent, les proches peuvent être sollicités. En somme, l’établissement doit assurer un environnement sécurisé mais non intrusif.
Au-delà de la prévention des risques, la prise en compte de la vie affective et sexuelle participe à la qualité de vie, à l’estime de soi et à l’inclusion des personnes accompagnées. Elle invite les ESSMS à adopter une approche équilibrée, entre protection et respect des droits.
Pour en savoir plus : Changer de regard sur la vie intime, affective et sexuelle des personnes en ESSMS pour mieux les accompagner



