
La prévention du risque suicidaire s’inscrit dans la feuille de route nationale « Améliorer la sécurité des patients et des résidents 2023-2025 », notamment dans l’axe dédié aux situations à risque. Une grille d’auto-évaluation de la sécurisation de l’environnement de soins est mise à disposition des établissements afin d’identifier les risques liés aux locaux, au mobilier et aux équipements pouvant favoriser un passage à l’acte suicidaire.
Une grille d’auto-évaluation fondée sur des travaux internationaux et adaptée au contexte français, elle est inspirée de la checklist américaine Mental Health Environment of Care Checklist (MHEOCC) développée par le National Center for Patient Safety des hôpitaux des vétérans américains, dont l’efficacité en matière de réduction des suicides en établissement a été largement documentée.
Elle a été adaptée au système de santé français par un groupe d’experts piloté par la DGOS, associant notamment le GEPS (Groupement d’études et de prévention du suicide), la DGS, la HAS, la FORAP, des structures régionales d’appui et des ARS.
La grille a également été relue par le réseau des experts immobiliers de l’ANAP, afin d’assurer sa cohérence avec la réglementation française, les exigences techniques et les contraintes architecturales des établissements.
Cette grille permet de réaliser un diagnostic structuré et partagé, première étape pour prioriser des actions d’amélioration adaptées au contexte de chaque ESSMS. Il s’agit un outil d’amélioration des pratiques, sans valeur normative, s’inscrivant dans une démarche d’amélioration continue.
Il est ainsi recommandé de réaliser une auto-évaluation initiale, puis un suivi annuel, et une évaluation complémentaire après des travaux, l’ouverture d’un service ou un apréd la déclaration d’un événement indésirable.
La crise suicidaire est une crise psychique aiguë, marquée par un sentiment d’impasse et des idées suicidaires envahissantes. Chez les personnes âgées, le risque est renforcé par la dépression, l’isolement, les situations de rupture, la perte d’autonomie ou les conflits familiaux. En établissement, le risque est particulièrement élevé dans la première année suivant l’entrée.
La gestion des situations de crise doit être anticipée, formalisée et connue de tous les professionnels. Le Programme national d’action contre le suicide recommande d’intégrer la prévention du suicide dans le projet d’établissement.
Les ESSMS sont invités à sensibiliser les professionnels aux signes d’alerte et aux idées reçues, à identifier des personnes ressources, à élaborer des protocoles d’urgence et former, accompagner les équipes à l’évaluation du risque et de l’urgence suicidaire.
Un geste suicidaire, abouti ou non, a un impact traumatique sur la personne, les professionnels et les proches. Un accompagnement adapté permet de réduire le risque de récidive, de soutenir les équipes et de prévenir les situations de deuil pathologique.
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